Deux morts, quatre disparus et un seul rescapé. Le bilan, lundi 7 janvier, du naufrage du chalutier La P'tite Julie au large du nord du Finistère est très lourd.
A la suite d'un appel de détresse, à 5 heures, d'intenses moyens ont été déployés toute la journée. Les recherches aériennes, interrompues pour la nuit, ont repris au lever du jour mardi 8 dans l'espoir de retrouver les corps disparus de l'équipage franco-portugais. L'unique rescapé a passé deux heures dans une eau autour de 10 degrés. Il s'agit de l'un des trois marins portugais de l'équipage, David Dourado Marquès.
Mardi matin, le parquet de Saint-Brieuc, chargé de l'enquête judiciaire, indiquait avoir la certitude, après l'audition du rescapé, qu'il ne restait aucun corps coincé dans le bateau. Les marins auraient tous sauté à l'eau. Le parquet a aussi acquis la quasi-certitude qu'il n'y a pas eu collision avec un autre bateau, M. Marquès n'ayant pas ressenti de choc. Le bateau aurait coulé par l'avant, et rapidement. Le Bureau enquête accidents sur les événements de mer doit mener des investigations techniques.
La P'tite Julie, un bateau de 24 mètres construit en 1991 et pratiquant la pêche hauturière, appartenait à l'armement Porcher, le plus gros de Bretagne Nord. Il compte une quinzaine de chalutiers, réputés en bon état, et 150 salariés.
Les trois marins retrouvés ne portaient pas de gilet de sauvetage. Selon le témoignage du rescapé, hospitalisé à Brest, les hommes ont juste eu le temps de sauter de la passerelle. Lui dormait au moment des faits et a été réveillé par un coéquipier.
BALISE INDIVIDUELLE
Cet accident compte parmi les plus graves des dernières années, marquées notamment par les naufrages du Bugaled Breizh en 2004 et du Klein-Familie en 2006. Le métier de marin-pêcheur est le plus dangereux : un marin pour 1 000 meurt chaque année dans l'exercice de ses fonctions.
Le ministre de la pêche, Michel Barnier, est venu mardi à Erquy, pour témoigner de la solidarité nationale. Il a rappelé la nécessité de renforcer la sécurité des marins, pour laquelle un volet est prévu dans le plan sur la pêche durable, qui sera présenté fin janvier. Le ministère propose de rendre obligatoire la balise AIS (système automatique d'identification) pour les navires de plus de 15 mètres, un équipement en alarme de vigilance pour les bateaux sortants plus de vingt-quatre heures, et surtout une balise individuelle, comme en montagne, pour les pêcheurs. Elle sera financée à 75 % par l'Etat, a annoncé mardi M. Barnier.